Quelques remarques 

Au cours de notre récit sur Ully Saint Georges, il nous est arrivé d'employer des mots que l'usage moderne ignore : noms d'outils devenus inutiles et qu'on ne confectionne plus, mots se rapportant aux travaux de la terre autrefois, etc.

Bien qu'Ully ne soit devenu "picard" que par la fantaisie d'une administration moderne, beaucoup de ces mots sont d'origine picarde, mais les limites politiques et territoriales ne sont pas forcément celles de la langue et des coutumes.

A ce sujet, essayons d'apporter quelques précisions. Si nous en croyons un historien grand spécialiste des choses de notre département, "La Picardie n'a jamais connu de délimitations politiques, historiques''. En revanche, il est relativement facile de donner les limites du dialecte picard, limites très imprécises d'ailleurs ; comment fixer une "frontière" entre le picard et son voisin le normand ? Toutefois, notre auteur indique qu'on peut considérer qu'Ully est un point de la limite Sud du dialecte picard (avec Noailles et Précy sur Oise).

A propos de ces vieux mots du dialecte picard employés chez nous, on peut faire quelques remarques :
ch est devenu c (que) : vaque, mouque, un cat
s, ss, c devient ch : l'panche (panse), le châble (câble)
Quelques mots contiennent les deux transformations :
une chouque (souche), les yeux cachieux (chassieux)
Eau devient iau : un siau, un viau
et en réunissant les deux un biau capiau (chapeau).
Les noms de lieux-dits peuvent nous fournir de nombreux exemples : le camp Guillaume, le camp Cornu, le camp Dolent (camp = champ).

Parmi ces anciens mots, certains viennent du vieux français, mais quelquefois déformés par la tradition orale.

A tous, nous leur avons donné un sens , celui qu'on leur donne dans notre village, mais nous nous garderons bien d'être trop affirmatif. Il est certain que le dictionnaire les ignore et n'assurera pas leur existence future. C'est dommage, mais les mots disparaissent avec les choses et aussi avec le temps. Alors, écrivons-les, tout en faisant de sérieuses réserves sur l'orthographe que nous leur attribuons.

Il faut rappeler en passant que nos aïeux avaient volontiers le langage vert et imagé, au temps où la rue de Mouy était la rue "trousse-vachez" et qu'il existait encore sur la Montagne un lieu-dit appelé "Souffle en cul" (le bien nommé). Et à Mouy, de l'autre côté de la limite du territoire, c'était "cul au vent". Et que dire de cette vieille femme, au demeurant fort polie, qui n'aimait pas les gens qui "vous faisaient une révérence à cul ouvert".

Mais, qu'on se rassure, nous veillerons à ne point blesser des oreilles trop délicates. Et, comme disait encore cette vieille femme, nous resterons des "gens bien emparolés".

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