Les vêtements

Monsieur Maurice BAILLY :
Je serais aussi de votre avis en ce qui concerne l'assistance aux enterrements.
Rares étaient les maisons qui n'étaient pas représentées.
Mon grand-père Théodule Bailly assistait à la plupart des enterrements ; il faut dire qu'il connaissait tout le monde dans le village.

J'entends encore ma grand-mère qui lui disait : "Emmène donc Maurice, pendant ce temps-là, sa mère et moi nous serons tranquilles."
Ainsi, j'accompagnais mon grand-père tout au long de la cérémonie.

J'étais un tout jeune enfant (Je n'allais pas encore à l'école.) mais cela ne me déplaisait pas.
On voyait du monde bien habillé ; à l'église, j'avais l'impression d'assister à un spectacle où l'on chantait ; j'admirais particulièrement les vitraux du chœur.

Ce dont je me souviens très bien, c'était la vue de mon grand-père endimanché.
Il mettait sa redingote, celle de son mariage (comme tout le monde) et, comme il n'avait pas trop grossi en vieillissant, elle lui allait encore à peu près bien.
Bien des hommes n'avaient pas eu cette chance.

Pour être complet, n'oublions pas la chemise blanche au plastron empesé, le col raide et le petit nœud noir, des gants noirs, même en été. (voir à ce sujet, la page consacrée au mariage.)

Monsieur Marcel DEREBERGUE :
Vous venez de rappeler le souvenir de votre grand-père portant redingote et gants noirs ; il n'était pas une exception, absolument pas.
Personne ne se serait permis d'assister à un enterrement autrement que dans une tenue foncée. Cela aurait été considéré comme un manque de respect envers le mort et sa famille.

Mais ce sont surtout les femmes, proches parentes du défunt qui supportaient le plus le poids d'une tradition vestimentaire très stricte.
Bien entendu, elles devaient être entièrement vêtues de noir ; un voile de crêpe leur couvrait le visage et descendait jusqu'aux genoux.

Les hommes portaient un brassard noir.

Le dimanche qui suivait l'enterrement, on assistait à la messe dite "de relever de deuil", ainsi nommée car les femmes rejetaient le voile sur le chapeau pour le laisser flotter dans le dos.

Je me souviens que les teinturiers affichaient sur leur vitrine "deuil en 24 heures". On avait recours à eux si on ne possédait pas de vêtements noirs.

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