Le Jour des morts

Monsieur Marcel DEREBERGUE :
Au fur et à mesure que les souvenirs apparaissent, je pense que les morts étaient toujours présents dans la vie quotidienne.

Le jour des Rameaux (encore appelé Pâques à Buis), on allait déposer sur les tombes une petite branche de buis que le prêtre avait béni au cours de la messe.

Je me souviens qu'étant enfant, ma mère m'emmenait en promenade au cimetière où aucun membre de notre famille ne reposait et nous n'étions pas les seuls.

Je me rappelle aussi ses protestations lorsqu'elle voyait que la Toussaint perdait son caractère de fête d'église pour devenir une journée où l'on se rendait au cimetière pour fleurir les tombes.
C'était le 2 novembre qui était le "jour des morts".
C'est le nom que lui donnait le très officiel "Almanach des P. et T.". (Aujourd'hui, il ne s'agit plus des morts mais des "défunts").
La veille, la cloche avait sonné lugubrement une grande partie de la nuit.
Le matin, le curé disait la messe et il se rendait ensuite au cimetière pour bénir les tombes.

Pour montrer l'intérêt que l'on portait au Jour des morts, nous apporterons une petite précision qui se rapporte aux congés scolaires.
Autrefois, les vacances des écoliers se limitaient aux "grandes vacances", août et septembre, auxquelles s'ajoutaient dix jours à Pâques.
Mais il n'y avait pas "d'école" (comme on le disait) le matin du 2 novembre, le matin seulement.

Notre livre de lecture contenait un passage de Lamartine qui commençait ainsi : "C'est aujourd'hui le 2 novembre, jour qu'on appelle à la campagne le Jour des morts..."

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