Le cortège

Monsieur Marcel DEREBERGUE :
Et voici que maintenant le cortège se dirige vers le cimetière.

Beaucoup d'hommes qui étaient allés au café proche pendant la messe, étaient revenus et attendaient devant le porche.

Le curé marchait en tête accompagné de deux enfants de chœur : l'un portait la croix, l'autre le bénitier avec le goupillon.

Il faut noter qu'il y avait deux itinéraires pour aller au cimetière.
Lors d'un enterrement civil, on se rendait de la maison au cimetière en passant par la mairie où l'on faisait un court arrêt et on montait l'avenue de la Gare.
Pour une cérémonie religieuse, on empruntait la route de Cavillon car le curé prononçait quelques paroles devant le calvaire situé à l'entrée du chemin d'Hostenne.

Le cortège traversait des rues désertes.
Il était tout à fait incorrect de sortir pour regarder un enterrement ; mais on voyait bien les gens curieux derrière les rideaux.

Les hommes devaient se découvrir au passage du corbillard.

Monsieur Maurice BAILLY :
Voulez-vous me permettre d'ajouter encore une petite anecdote.

Notre ami Charlemagne ne montait pas sur le siège du corbillard.
Il tenait son cheval au bout d'une longe et comme la pauvre bête n'avançait sans doute pas assez vite, il la tirait en
"digonnant" tout au long du chemin.
Les mauvaises langues disaient qu'on ne savait pas à qui s'adressaient ses paroles de reproches car c'était le vieil abbé Mazéas, curé de Cauvigny et chargé de la paroisse d'Ully qui précédait le corbillard.

Au cimetière, après les dernières prières, les participants tour à tour bénissaient le corps.

S'il s'agissait d'un enterrement civil, on déposait sur le cercueil la petite fleur d'immortelle que la "prieuse" avait distribuée à la maison.

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