Les
roses
Peut-on imaginer qu'on puisse
parler de Gerberoy en oubliant
les roses? Ce ne serait pas possible. D'ailleurs, chaque année,
elles ont leur fête. Mais depuis combien de temps les roses ont-elles
pris possession de ce pittoresque domaine qui les a si généreusement
accueillies et soignées. Pour répondre à cette question, il
faut faire un peu d'histoire, si toutefois ce mot n'est pas trop
fort.
Déjà, avant la guerre 14 -18, quelques personnalités séduites
par l'aspect original du village en avaient fait un lieu de résidence
secondaire. Parmi elles, Monsieur LE SIDANER, l'artiste peintre, eut l'idée de créer une
"société des amis de Gerberoy". Nous avons retrouvé
une petite brochure éditée par l'Imprimerie centrale
administrative de Beauvais et datée de 1909, brochure parue dans
une série "Nos villes" et consacrée à Gerberoy. (Il
est probable que la création de la société soit un peu antérieure
à 1909). Nous reproduisons la première page de la brochure:
Société des Amis de Gerberoy But de la société 1°
Conserver et améliorer les Monuments, Promenades et
Sites de Gerberoy ; Conseil d'administration M. LE
SIDANER , artiste peintre, premier président d'honneur |
Eh bien ! Bravo ! On avait vu
loin et le but atteint a largement dépassé les espérances.
En 1910, M. CORNET, instituteur, fut remplacé par M. DEREBERGUE
Marcel (mon père) également instituteur.
Ce dernier fut chargé des plantations avec M. LEON MARIE,
jardinier (qui fut malheureusement tué pendant la guerre).
C'est ainsi qu'on planta des rosiers devant l'école, près de la
mairie, aux piliers des entrées de la ville et en divers
endroits (il y en avait déjà quelques uns), un jasmin devant la
classe, des tamaris à la vieille porte, des hêtres rouges sur
la route de Wambez, des marronniers sur la place (l'un d'eux fut
abattu pour faire place au monument aux morts). On planta aussi
une haie et des peupliers le long de la route qui descend de
Gerberoy à "l'Arrêt" (l'ancienne halte du petit train
de Milly à Formerie).
Pendant la première guerre mondiale, la société cessa son
activité. M. Derebergue fut mobilisé et, après avoir été
blessé en Lorraine, fut fait prisonnier. Au cours de sa captivité,
il reçut de nombreuses cartes postales de Gerberoy (nous les
avons encore) où on lui donnait des nouvelles des plantations,
surtout des rosiers, ce qui montre bien l'intérêt qu'on leur
portait.
"Les Gloires de Dijon de l'école sont en pleines fleurs. (M.
DAVRANCHE Conseiller municipal)
Il y a encore quelques roses à Gerberoy. (M. ROYER notaire)
Le général Niel devant l'étude va fleurir. (Mr ROYER)
Les Wichu sont en fleurs. (Mr BRUSSART)"
Ces Wichu Rayanna garnissaient les piliers.
Il faut noter qu'il s'agît de variétés anciennes qu'on ne
trouve plus guère dans le commerce.
Ainsi est née la tradition qui a fait de Gerberoy la ville des
roses. Peut-être était-il bon d'évoquer le souvenir de ceux
qui furent à l'origine de ce succès. Ce ne sera qu'une part de
la petite histoire de Gerberoy, mais ne mérite-t-elle pas une
place dans le riche passé de la ville des roses?
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