La grande guerre 1914 - 1918

Si nous consultons le calendrier des P et T, nous lisons à la date du 11 novembre : Armistice.
Cet Armistice du 11 novembre 1918 met fin à la guerre 14 -18.
Dans nos souvenirs et dans les livres d'histoire : c'est la "Grande Guerre" et on ne peut oublier qu'à Ully, comme dans chaque village de France, on a payé un lourd tribut à ce sanglant conflit.

Essayons d'évoquer le souvenir de ces sinistres années qu'ont vécues les habitants de notre village.

En cet été 1914, les moyens d'informations se limitent aux journaux encore rares, mais on sait tout de même qu'en Europe la situation est très tendue et que la guerre peut éclater.

A Ully, le samedi 2 août 1914, il fait très beau. C'est le dernier jour de classe avant les "grandes vacances". Les garçons de l'école (il y avait une école des garçons et une école des filles), sous la conduite de leur maître Monsieur Cantrel sont allés en promenade, les travaux de la moisson battent leur plein. Dans les champs, ils voient des faucheurs au travail. Au loin, on entend le cliquetis de l'une des premières moissonneuses lieuses... Une javeleuse fait tourner ses râteaux comme des ailes de moulin.

A leur retour au village vers seize heures, les enfants apprennent que le garde champêtre, Monsieur Petitpas, venait de coller des affiches blanches portant deux petits drapeaux tricolores :

"ORDRE DE MOBILISATION GÉNÉRALE"

La cloche de l'église a sonné.

Le lendemain 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France.
Le matin même, tous les hommes en âge de porter les armes sont partis. Ils étaient 43 mobilisés. Ils ont pris le premier train du matin à 6 heures, celui qu'on appelait le "petit train".
Malgré la gravité de la situation, on ne voit aucune trace de tristesse sur leur visage. Ils étaient persuadés qu'ils seraient bientôt de retour, confiants dans la puissance de l'armée française.

Hélas, les journaux n'apportent bientôt que de mauvaises nouvelles ; la Belgique est envahie.
On sait que des soldats d'Ully sont à Namur.
La retraite commence, les Allemands viennent jusqu'à Creil. Senlis est détruite en partie.

0n tremble à Ully, d'autant plus qu'une patrouille d'uhlans (cavaliers allemands) a pénétré dans le village. Ils ont attaché leurs chevaux à la grille d'une maison située au carrefour devant le foyer rural. On a vu de près des soldats allemands.
L'illusion d'une victoire rapide s'est envolée.

La bataille de la Marne met fin à l'avance de l'ennemi.
Mais à quel prix !

Un matin de septembre, la porteuse de dépêche, (c'est ainsi qu'on la nomme) Madame Petit, apporte le premier papier bleu chez le maire Monsieur Gontier (grand-père de notre ami André Hochard). C'est un télégramme officiel qui annonce la mort au combat de Roland Parmantier.
Cette triste nouvelle jette la consternation dans le village.
Déjà une veuve et deux orphelins.
Toutes les familles se sentent touchées.

Nous pouvons lire sur le registre de l'état civil de l'époque la transcription de son acte de décès :
Le nommé Parmantier Roland, caporal réserviste au 23ème colonial, 9ème compagnie est décédé à Ecriennes (Marne) le 6 septembre 1914 par suite de blessure d'arme à feu ; et l'on ajoute pour atténuer la banalité brutale de la formule "Mort pour la France".

Quelques jours plus tard, on apprend la mort de Marius Mansard tué en Seine-et-Marne le 7 septembre 1914. De nouveau une veuve et un orphelin.

Et les télégrammes se succéderont au fil des années.
On devine l'angoisse des familles quand on sait que Ully a perdu 35 de ses fils sur les champs de bataille.

C'est qu'en effet, ces paysans, ces ouvriers participent à toutes les grandes batailles : la Marne, la Somme, Verdun, le Chemin des Dames.

Un instituteur dont nous parlions tout à l'heure, Monsieur Cantrel est tué à Verdun le 27 septembre 1916.

Un jour enfin, le 11 novembre 1918, la cloche sonne à nouveau.
Le maire a reçu un dernier télégramme, c'est celui qui annonce la signature de l'Armistice. C'est un immense soulagement, mais le village tout entier est profondément marqué.

Un tel drame ne peut tomber dans l'oubli. Aussi on décide que dans chaque commune on élèvera un monument en souvenir de ceux qui sont tombés sur les champs de bataille.
Celui de notre village est inauguré en 1921.
Il porte les noms de ceux qui ne sont pas revenus.
Approchons-nous un peu et nous apprendrons que Albert Jacob est mort à 21 ans, Léon Bailly a été tué à 23 ans, Raoul Decany et Marcel Cresson ont disparu à 20 ans.

Que de pleurs et que de chagrin, des parents inconsolables, mais aussi 17 jeunes veuves et 25 orphelins.

N'oublions pas le courage des femmes qui remplacèrent les hommes aux champs et à 1'usine ou qui durent élever seules leurs enfants orphelins.

Les soldats tués au cours des combats étaient enterrés sur le champ de bataille par leurs camarades.
Après la guerre, on ramena leur corps pour l'inhumer dans le cimetière du village.
On reconnaît aisément la tombe de ces martyrs, elle porte une petite plaque blanche avec une bordure tricolore.

Maintenant la Grande Guerre de 1914 - 1918 est entrée dans l'histoire de notre pays ; mais il ne faut pas oublier qu'elle fut un très grand drame pour la France tout entière.

Rappelons des chiffres qui marquent l'horreur de ce drame :
1.400.000 morts et des centaines de milliers d'hommes mutilés pour le reste de leur vie.

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