Le presbytère et l'affaire HENNEGRAVE

Et nous revenons à notre ancien presbytère, le premier du nom, tel qu'il existe encore en 1830.

Il fut vendu sous la révolution, avec les biens de l'Eglise.
Pourtant, un document indique qu'il était propriété communale.

L'actuel propriétaire, le sieur RECULEZ de MOUY, offre de le "rendre" à la commune pour la somme de 7000 francs, somme que l'on trouverait en vendant une partie du pré communal du Marais de Coupin, évaluée à peu près à ce prix.
La commune voudrait loger son "Desservant" et c'est pour la raison pour laquelle elle désirerait rentrer en possession du presbytère.
Mais, la situation se complique du fait que le conseil municipal aurait la possibilité d'acquérir comme "maison presbytérale" une autre construction appartenant au sieur HENNEGRAVE et qui coûterait beaucoup moins cher.

Le choix du conseil municipal sera à l'origine d'une longue querelle de clocher. Il faut trouver une solution.

Dans une séance extraordinaire, le 20 octobre 1825, en présence du Juge de paix de NEUIILY-EN-THELLE, le conseil municipal décide de faire l'acquisition de l'ancien presbytère appartenant au sieur RECULEZ, jugé "plus agréable que la maison HENNEGRAVE".
Les adversaires de cette décision accepteront le marché "pour maintenir la paix dans la commune".

Il faut ajouter que le conseil municipal a répondu à l'appel du sous-préfet qui a montré les avantages pour la commune de faire l'achat d'un presbytère "afin d'avoir un prêtre à demeure".

Il a invité les membres de l'assemblée communale "à délibérer dans leur sagesse sur le parti le plus avantageux à prendre". Car, maintenant, il faut payer et c'est pourquoi le conseil municipal décide l'aliénation d'un marais communal lieu-dit COUPIN, d'une contenance de 12 arpents et demi (Il s'agit de la partie située vers le territoire de FOULANGUES.).

Le maintien de la paix dans la commune, souhaité par les partisans de HENNEGRAVE, ne fut qu'une apparence. Le choix d'un presbytère avait profondément divisé le conseil municipal, la suite des événements le confirmera.

HENNEGRAVE avait construit une maison sur une bande de terrain située ente la ferme seigneuriale et l'église. Le conseil municipal a décidé de faire bâtir un mur sur les limites de l'ancien cimetière (mur extérieur de l'actuel bâtiment de pompes au nord). HENNEGRAVE estimant, à juste raison, que sa maison se trouverait cachée et sans lumière au fond d'un étroit passage, intenta un procès à la commune.

Il perdit ce procès, la commune n'accepta aucun arrangement amiable ; pas même une indemnité offerte par HENNEGRAVE.
Et même, en 1864, elle a décidé la construction du bâtiment de pompes qu'on utilise encore aujourd'hui.

Cependant, il existait encore à cette époque un bâtiment de pompes, qui se trouvait sur la place près de l'entrée de l'église. IL était trop petit pour abriter la nouvelle pompe à incendie qu'on venait d'acquérir et qui restait dans l'église.

Un argument qui venait à point pour justifier la décision du conseil municipal.

Qu'on nous excuse d'avoir un peu insisté sur cette question, bien que nous ayons pu nous étendre davantage sur ce sujet, mais elle nous a paru être l'exemple même des chicanes entretenues par des clans ou simplement par des familles antagonistes, et qui se transmettaient parfois de génération en génération.

L'affaire HENNEGRAVE occupa la justice pendant quatre ans. Elle méritait d'être racontée en détail. Finalement, on ne manquera pas d'être surpris par ce qui arriva par la suite.

En 1858, le conseil municipal décida de démolir la "maison presbytérale" en assez mauvais été, pour faire construire un nouveau presbytère sur son emplacement. Il n'en reste pour témoin qu'une cave et son soupirail.

Un plan d'architecture est approuvé.
En 1859, l'abbé LAMBERT, curé de la paroisse offre de prendre à sa charge un tiers des dépenses. Le reste des travaux sera réglé en 1863.

Un jour, la construction perdra sa destination première.
La paroisse d'ULLY sera rattachée à celle de CAUVIGNY et perdra son curé. Le bâtiment sera loué à un particulier.
Plus tard, les P.T.T. en prendront totalement possession d'abord, puis partiellement dans la situation actuelle.

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