La moisson
Quand l'époque de la moisson arrivait, on
préparait la moissonneuse-lieuse tirée par des chevaux ; mais
cette machine ne coupait que sur le côté, et pour éviter d'écraser
les tiges, on "détourait" la parcelle à la main, soit
à la faux avec son "gavier", soit à
la sape ; pour moi, je préférais la sape.
Les javelles ainsi formées étaient liées avec des liens de
paille qu'on avait mouillée pour la rendre moins cassante.

Les bottes mises en tas ( un dizeau ou un dizieau)
étaient charriées dans la grande guimbarde qui servait
uniquement pour ce travail. Il fallait savoir équilibrer la
voiture pour que le limonier ne soit pas écrasé sous la charge
; celle-ci devait être bien "tassée" et maintenue si
on voulait arriver sans avoir perdu une seule botte.
Une bonne partie du blé et de l'avoine était engrangée à la
ferme et c'est pour entrer par cette grand'porte assez étroite
que le charretier devait montrer tout son savoir-faire. On devait
faire tourner le limonier seul avant de faire donner tout l'attelage.
Ce qu'on redoutait le plus, c'était d'avoir à couper une récolte
versée ; dans ce cas, le fauchage à la main était le seul
moyen de ne rien perdre. Mais là, plus question de couper un
arpent dans sa journée, ce qu'un bon faucheur bien entraîné
pouvait faire.
Ce
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