Les labours
Mais, le lendemain matin, le travail nous
attendait. Alors nous y revenons.
A l'époque des labours, on partait dans les champs quand le jour
se levait.
A midi, on revenait à la ferme.
A la nuit tombée, on dételait. On montait sur un cheval et l'attelage nous ramenait à la ferme, quel que soit le chemin emprunté et dans la nuit
noire. Pas besoin de guider les bêtes et nous n'avions pas de
lanterne !
Afin que la matinée ne soit pas trop longue, on emportait un
solide casse-croûte : un morceau de pain taillé dans une miche
de 3 livres ou même de 6 lires avec un "bout de lard"
que l'on maintenait sous le pouce et que l'on coupait avec son
couteau. Un charretier avait toujours un couteau dans sa poche.
La charrue avait un soc,
rarement deux.
Ce n'était pas trop pénible de suivre l'attelage dans la terre
lourde qui collait aux souliers. On marchait au rythme des
chevaux qui allaient toujours d'un train régulier. On les
laissait faire.
Au bout du champ, il fallait faire demi-tour et basculer "le
brabant" pour "enrayer" de nouveau.
Les bêtes obéissaient à la voix. Chaque charretier avait une
façon particulière de parler à ses chevaux même s'il n'avait
aucun ordre à leur donner ; de temps en temps, il s'adressait à
eux en les appelant chacun par son nom.
Quand la "pièce" était en pente, on ne labourait
jamais dans le sens de la pente ; alors, il fallait maintenir la
charrue et c'était très fatigant.
On retournait environ 40 ares de terre au cours de la journée.
Ce
site a été créé par Marie-Rose KOECHLIN.
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