Camille en Belgique
Ouvrons tout de suite une
petite parenthèse, si nous voulons mieux comprendre la vie de
Camille.
Après la guerre de 1914 -1918, beaucoup de villages du Nord de
la France jusqu'à la région parisienne connurent une importante
immigration de paysans belges flamands. Certains avaient combattu
en France et ils étaient fiers de le rappeler. Ils remplaçaient
les jeunes paysans et ouvriers agricoles "Morts pour la
France".
Mais écoutons de nouveau notre ami Camille.
"Il faut dire que je suis né en Flandre, dans un petit
village situé à environ 5 km d'Ostende. C'était à l'époque,
dans la plaine flamande, un village comme tant d'autres, environ
800 habitants occupés surtout aux travaux agricoles, tout comme
à Ully.
Je suis l'aîné d'une famille de huit enfants. Mes parents étaient
ouvriers agricoles, 10 à 12 heures de travail par jour selon la
saison. La vie était dure, mais on la vivait sans se plaindre ;
nous mangions à notre faim. Mon père cultivait quelques coins
de terre ; on y plantait des pommes de terre, on en mangeait
beaucoup ; on récoltait aussi quelques quintaux de blé qu'on
faisait moudre au moulin. Avec la farine, ma mère faisait le
pain de la famille une fois par semaine. On élevait toujours un
cochon et quelques volailles.
Quant à l'habillement, on n'avait guère le choix. C'est ainsi
que toute la journée, nous avions des sabots de bois ; pour être
plus à l'aise, je me souviens qu'en été, nous allions nu-pieds
dans les chemins sableux. Ces sabots, on les quittait pour des
souliers pour aller à la messe le dimanche matin. Plus tard, dès
que j'ai pu faire quelques petites économies, j'ai d 'abord
acheté une paire de chaussures. Il ne faut pas oublier que tout
le village allait à l'église le dimanche ; on y disait deux
messes. Le catéchisme faisait partie des heures de classe. J'allais
à l'école des garçons avec un instituteur ; c'était une
chance car l'école n'était pas obligatoire à cette époque.
Mes surs allaient à l'école des filles, tenue par une
religieuse.
Ce
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